Chronique : L’Homme qui répare les femmes
Dans l’est de la République démocratique du Congo, au milieu des collines verdoyantes du Kivu, un hôpital porte le nom de Panzi. Là-bas, un homme opère depuis plus de vingt-cinq ans. Il s’appelle Denis Mukwege. On le surnomme L’Homme qui répare les femmes . Ce n’est pas une métaphore. Il suture des corps brisés par la guerre, des ventres éventrés par la barbarie, des âmes fracassées par la violence sexuelle utilisée comme arme. Chaque intervention est un combat contre l’oubli. Chaque femme sortie de sa salle d’opération est une victoire sur l’indifférence. Docteur Miracle, disent certains. Prix Nobel de la paix 2018, rappellent les autres. Mais lui reste là, à Bukavu, dans son bloc opératoire, à recoudre ce que l’humanité déchire. Il n’a pas fui. Il n’a pas cédé. Il répare. Et en réparant, il témoigne. Car Mukwege n’est pas seulement chirurgien. Il est mémoire. Il est cri. Il est preuve que, même au cœur du chaos, un homme peut choisir de ne pas détourner le regard. Aujourd...